Les 20 ans de l’Observatoire Des Cadres : le cadre est bien posé

par | Mar 29, 2018

                      Retour sur le colloque de l’ODC  qui s’est tenu à la Bourse du Travail le 21 de ce mois. Le compte-rendu ci-dessous (re)prend en compte les exposés des différents intervenants et échanges.

                         Jadis, le monde cadre syndical était fortement marqué par la CFE-CGC. L’univers des DRH avait l’ANDCP devenu ANDRH.

                           La question fondamentale du « qui sont sont les cadres » a évolué vers le « que font-ils ? ». On parle de cadre dirigeant, de cadre de proximité attachant ainsi le contenu du statut cadre à une échelle hiérarchique : c’est un peu court.

                           Le statut en soi catégorise, écarte et isole.

                      Il est préférable d’étudier l’identité professionnelle à travers l’ODC assurant une pluralité de regards (syndical, académique et RH) et rendant ainsi plus pertinentes les revendications. Et les études se succèdent : le travail 24h sur 24h, travail et numérique et réinventer le management…du management.

Hors du monde cadre, la compétence, c’est ce qui s’acquiert.

                Pour le cadre, son sésame c’est son diplôme. Ce parchemin atteste surtout une aptitude à exercer plusieurs emplois successifs. Le peintre restera peintre. Chez le cadre réside, par définition, une potentialité   à s’élever via une sélection intense vers CODIR, COPIL, conseil de surveillance et autres hautes sphères.

           D’où inévitablement, une distance par rapport au terrain et une tendance à l’individualisme notamment quand il s’agit de vanter, ad nauseam, le « leadership » d’un cadre. Ainsi, ce « leadership » se confond de plus en plus avec l’affectivité, le rapport de force et le contrôle et de moins en moins la construction d’un jeu collectif.

            Pour preuve, l’utiisation des outils d’évaluation amène parfois à jauger la réputation du cadre-leader posant ainsi au cœur du dispositif un élément affectif loin d’éléments plus objectifs.

Autonomie et reporting : injonctions contradictoires

                  Davantage d’autonomie avec des outils « béquilles/extensions ». Mais aussi plus de reporting exigé par une direction.

                Répondant aux exigences du pilotage, dévoreur de temps (2), le cadre ne fait plus. D’où sa frustration en filigrane et parfois ce saut vers le monde de l’entrepreuneur individuel où il peut à nouveau FAIRE et non plus FAIRE FAIRE et contrôler sans cesse.

                Les cadres eux-mêmes réclament cette automonie mais regrettent d’être isolés ensuite face à une problématique ardue. Où l’on peut distinguer l’autonomie-indépendance avec un individu centré sur lui-même (l’ancien monde) et l’autonomie-coopération soulignant un engagement personnel et volontaire avec autrui (le nouveau monde, ses promesses et ses déconvenues)

                  L’autonomie se définit finalement moins par une cartographie précise des marges de manœuvre que par un long processus et un constant arbitrage.

 

Les valeurs ajoutées du cadre

            Le client est prescripteur dans le monde du service (3) et la fameuse création de valeur en général au plus près du bénéficiaire (le service personnalisé toujours plus cher) avec en corollaire une mise sous tension du cadre entre ce qui est attendu et la commande. Dans ce contexte constamment tendu, le cadre peut remplir trois fonctions :

– Il est un opérateur de cohérence. Il relie, donne de la signification et contribue à réinventer. Il veille à la qualité de l’institution en marquant la limite normal/anormal, go/no go et les subtilités des solutions en « mode dégradé ».

– Il donne un tempo avec des moments de respiration. Il agit comme un filtre pour préserver son « territoire » local (son équipe) dans un dispositif ayant tendance à tout aplanir : bureau paysager et atténuation de la hiérarchie.

– Il développe la ressource en étant à l’écoute. Sa capacité d’écoute est indexée sur sa capacité d’action.

Mots de la fin

                                    Les cadres, dans leurs nouveaux habits, peuvent mettre fin à cette verticalité tant attendue par les salariés amenant moins de contrôle et plus d’accompagnement. Mais pour certains, la seule perspective pour sauver sa peau, c’est la fuite en avant en se réfugiant dans l’expertise et en évitant ainsi tout « management » destructeur.

 


NOTES

(1) Fusion AGIRC-ARRCO, la Loi SAPIN et le lanceur d’alerte, situation où le cadre est particulièrement exposé : Le désir d’éthique est au cœur du métier cadre. Rapport récent sur la « finalité » de l’entreprise. Nouvelle forme d’emploi mais non de travail comme le cadre en portage : faut-il compter comme cadre les indépendants ? L’imprégnation du « CO » : collaborer, co-construire, coworking (espace de… à « tiers lieu ») avec une fuite marquée devant les grandes structures et leur bureaucratisation croissante (supposée ou réelle). Enquête CFDT « Parlons Travail »

(2) Les outils de reporting sont par construction centralisés et centralisateurs. Un usage immodéré et parfois encouragé par une direction génère une réelle souffrance du cadre qui ne fait plus que du reporting. Pour un cadre venant du terrain, l’exercice est crucifiant.

(3) Des expériences sont en cours chez SEHORA, La Banque Verte etc…

 


Knowledge Tour 2018, ELIUM tient ses promesses encore une fois !

Ma longue expérience des outils informatiques (douze ans d’intégration, de gestion de projets, de MEP, de TMA) et le marketing des éditeurs (tout est propre, coloré sur papier numérique glacé, un logiciel qui s’inscrit « nativement » dans un Système d’Information : mais demande-ton l’avis des intégrateurs !) me rendent naturellement méfiant.

Chez ELIUM, c’est propre, étudié, bien packagé. Travail de pro. Alors, où se trouve le « glitch »? Un marché très concurrentiel ? Oui. Une mise en application demandant du temps ? Oui. Ce n’est pas un énième écran tableau de bord, c’est plus subtil et disruptif.
Et force est de constater qu’ELIUM s’en sort plutôt bien pour le démontre l’édition 2018 où nous avons pris note de trois témoignages

En savoir plus...

Dialogue social : les jeux sont loins d’être fait ! (table-ronde Fondation Jean Jaurès 17 avril 2018)

RD& était dans la salle, clavier en main (1). Nous commencerons par les témoignages deux entreprises pour le moins connues : KORIAN (côté DRH), et SEPHORA (côté OS) pour finir par le plaidoyer du trio de tête BERGER (CFDT) +BERILLE (UNSA) + LOUIS (CFTC) suite à leur tribune publiée dans Libération du 12 de ce mois.

http://www.liberation.fr/debats/2018/04/12/des-reformes-mais-surtout-plus-de-democratie-sociale_1642974

Timing de pro !

En savoir plus...

Les 20 ans de l’Observatoire Des Cadres : le cadre est bien posé

20 ans d’exploration et de réflexions par L’Observatoire Des Cadres. Le paysage s’est inévitablement transformé jusqu’à, tout dernièrement, la fusion AGIRC-ARCO (1). Le cadre n’encadre plus que son portable, ce dernier prennant son autonomie à coup d‘IA ! La secrétaire a disparu. Le millenial, senior en devenir, n’entend plus travailler (quel vilain mot archaïque !) comme son « daron ». Il collabore en pleine « coolitude » sur des projets en « slasheurs » agile et habile.

Retour sur le colloque de l’ODC (sponsor : CDFT) qui s’est tenu à la Bourse du Travail le 21 de ce mois. Le compte-rendu ci-dessous (re)prend en compte les exposés des différents intervenants (lien ici) et échanges

En savoir plus...

Les entretiens IMAGINAIRES

CALENDRIER EVENEMENTS : salons, colloques, tables rondes & grands rassemblements (FO, FO Com, CFDT et autres)

En savoir plus...